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Villes nouvelles françaises 2001-2005

St-Quentin-en-Yvelines - Contributions

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publié le 2 décembre 2011

  CONTRIBUTIONS D’EXPERTS PRÉSENTANT LA VILLE NOUVELLE DE SAINT-QUENTIN-EN-YVELINES

  1. Saint-Quentin-en-Yvelines : Présentation (par Virginie LEGRAND)

par Virginie LEGRAND
Syndicat d’Agglomération nouvelle de Saint-Quentin-en-Yvelines
hiver 1999

7 communes, 1 université, 2 500 entreprises, 3 000 hectares d’eau et d’espaces verts, 50 équipements culturels, 100 installations sportives, 20 lignes de bus et 500 commerces, 1 000 associations, 1 chaîne de télévision locale.

Saint-Quentin-en-Yvelines est devenue une des agglomérations franciliennes où il fait bon vivre ensemble.

Comme toutes les villes nouvelles, Saint-Quentin-en-Yvelines a affiché dès l’origine une volonté très nette en matière de développement économique, condition de sa réussite. Il s’agissait à la fois de créer des pôles d’équilibre en matière d’emplois et de dégager la richesse nécessaire à financer un développement urbain.

Trente années plus tard, Saint-Quentin-en-Yvelines peut s’enorgueillir d’être un des plus grands technopôles français.

La politique qui consistait à attirer aussi bien petites et grandes entreprises, groupes industriels et sociétés de services, et articuler leur implantation dans l’espace de façon cohérente à donc portée ses fruits. A Saint-Quentin, il n’y a pas de concentration, mais plutôt la recherche d’un développement harmonieux aux unités de dimensions variables architecturé selon trois principes : facilités d’accès aux axes routiers et ferroviaires, proximité des quartiers d’habitation et des zones d’activités et intégration de la ville dans un cadre de verdure.

En 1999, Saint-Quentin-en-Yvelines peut se prévaloir de ses 2 500 entreprises, 80 000 emplois et 25 000 F de base de taxe professionnelle par habitant, et d’un taux d’emploi net de l’ordre de 1,2, ce qui situe la ville bien au dessus de ce que peut ambitionner une agglomération moyenne.

De la même façon, la ville nouvelle accueille des pôles d’excellences dans de nombreux domaines : comme le technocentre Renault, l’usine Prost Grand Prix, les sièges Fiat et Nissan et le circuit Jean-Pierre Beltoise qui forment sur le territoire saint-quentinois un éventail exceptionnel de l’industrie automobile.

Pour les années à venir, Saint-Quentin-en-Yvelines devrait connaître un fort développement de son centre universitaire avec la construction d’une nouvelle bibliothèque et l’installation de l’Institut Pierre Simon Laplace centre qui permettra de regrouper plus de 500 chercheurs et professeurs du monde entier spécialisés dans les sciences de l’univers et de l’environnement.

Parallèlement, le syndicat d’agglomération nouvelle a la volonté de développer les solidarités avec la mise en place d’une véritable politique de santé. S’appuyant sur les premières conclusions de l’observatoire de la santé, le SAN va mettre en place un Institut de Promotion de la Santé, centre de Ressources et d’informations mis à la disposition des saint-quentinois ou se regrouperont toutes les associations concernées. Dans un même temps, une maison d’accueil de jour ouvrira ses portes aux personnes dépendantes.

Le développement économique étant acquis pour Saint-Quentin-en-Yvelines, il s’agit maintenant de renforcer le lien social dans une ville où il fait bon rêver et vivre ensemble.

  2. Les points forts de la ville nouvelle (par Serge GOLDBERG)

par Serge GOLDBERG
premier directeur de l’Etablissement public d’aménagement
de la ville nouvelle de Saint-Quentin-en-Yvelines
juillet 1999

La ville nouvelle de Saint-Quentin en Yvelines a su tirer parti de ses particularités géographiques :

· sa situation à l’Ouest de Paris au débouché de l’autoroute A13 ;

· son vaste territoire, traversé par une double coupure difficile à franchir, la RN 10 et la voie ferrée Paris - Chartres se jouxtant sur toute la traversée de la ville nouvelle.

   2.1. La conquête de l’Ouest…

Si la ville a bénéficié à terme de la pression démographique vers l’Ouest de Paris, elle connaît au démarrage une concurrence difficile qui lui a fait adopter une stratégie spécifique de développement. La ville a dû s’imposer face à d’autres opérations :

· Parly II à Versailles, qui rendait impossible la création d’un autre centre actif ;

· la vaste opération immobilière de Jacques Riboud à Elancourt-Maurepas, qu’il a fallu prendre de vitesse et intégrer en débutant la ville à proximité de cette opération, au demeurant remarquable à l’époque où elle a été conçue.

Ultérieurement, le phasage du centre-ville a été dicté par le souci d’éviter la création parasite d’hypermarchés aux abords de la ville.

Dès l’engagement du centre-ville, un hypermarché est installé pour décourager la concurrence, à proximité de la gare, à l’Ouest. Le preneur s’engage à le transférer à l’Est, dans ce centre, lorsque le taux d’urbanisation le permettrait. Engagement risqué mais tenu. En définitive, c’est le centre commercial du quartier de la Gare qui fédère la ville.

Si l’attrait de l’Ouest a favorisé l’implantation de grandes entreprises (Bouygues, le technocentre Renault, Thomson…), la création de la gare de St-Quentin puis la mise en service de la liaison vers Paris - La Défense ont donné à ce mouvement une impulsion décisive.

A côté des réalisations spectaculaires, la ville nouvelle a préservé la place d’entreprises artisanales dans les centres de quartier : le montage du centre artisanal des Quatre Arbres à Elancourt en est un bon exemple.

   2.2. La réunification d’un ensemble…

La coupure du site par la voie ferrée et la RN 10 explique le plan bipolaire imaginé dans le schéma directeur d’aménagement et d’urbanisme de 1964, avec deux centres :

· l’un en bordure de l’Etang de St.-Quentin,

· l’autre à Montigny-le-Bretonneux à proximité des communes limitrophes de Guyancourt et de Voisins-le-Bretonneux.

Bipolarité abandonnée dès le début des années 1970, au profit d’un centre unique (Montigny), mais en bordure de la voie ferrée avec une gare nouvelle.

La coupure du site explique aussi la morphologie compartimentée de la ville nouvelle ("une région urbaine plus qu’une ville") avec ses centres de quartier. La trame verte, conçue par Guy Lagneau, a été un moyen d’atténuer cette morphologie compartimentée.

Elle devait précéder l’urbanisation et, dès le début de la ville, des mesures de sauvegarde sont adoptées pour la Mérantaise, qui était gravement menacée :

· création de la coulée verte entre Elancourt et Trappes,

· réalisation du Parc des Coudrais.

L’Etang de St.-Quentin a finalement donné son nom à la ville. Il a permis de développer l’une des premières bases de loisirs en Ile de France.

D’autres bassins de moindre envergure ont été créés dans le cadre de la régulation des eaux pluviales. Nédéco a conçu à Elancourt-Maurepas le premier schéma global de régulation, mais c’est à Montigny-Voisins qu’il a trouvé son application la plus spectaculaire.

   2.3. L’expérimentation

Comme toutes les villes nouvelles, Saint-Quentin-en-Yvelines a expérimenté dans de nombreux domaines :

· relations entre architectes et promoteurs sous le contrôle de l’EPA : quartiers de la Gare, de la Sourderie, des Garennes, etc. ;

· architectures innovantes : Programmes d’Architecture Nouvelle (PAN) au Bois de Maurepas et dans le quartier de la Gare, habitat solaire aux Garennes ;

· procédures expérimentales : acquisition gratuite de 90% du Bois de Maurepas contre l’autorisation d’urbaniser les 10% restants ;

· équipements publics intégrés : Centre des 7 Mares...