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Villes nouvelles françaises 2001-2005

Isle d’Abeau - Contributions

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publié le 9 novembre 2011

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  CONTRIBUTIONS D’EXPERTS PRÉSENTANT LA VILLE NOUVELLE DE L’ISLE D’ABEAU

Les textes présentés ici sont préparés par
Bernard Millerioux
Etablissement public d’aménagement de la ville nouvelle de l’Isle d’Abeau
Hiver 2000

  1. DE LA VILLE NOUVELLE DE L’ISLE D’ABEAU A L’AGGLOMERATION NORD-ISEROISE.

Extraits du Rapport “ L’Isle d’Abeau 2015 ” de juin 1998

   1.1. LES ATOUTS D’UN POLE NORD-ISEROIS DANS l’AIRE METROPOLITAINE LYONNAISE

   1.1.1. Une situation géographique exceptionnelle

Au centre de gravité de la région Rhône-Alpes, la Ville Nouvelle de L’Isle d’Abeau bénéficie d’une situation géographique exceptionnelle à l’échelle régionale, nationale et européenne qui confirme la pertinence du choix initial de localisation.

   1.1.2. Une excellente accessibilité

Des investissements majeurs placent L’Isle d’Abeau au coeur d’un réseau multimodal d’une ampleur exceptionnelle : autoroutes (futures autoroutes A48 et vers l’Ouest-Clermont-Ferrand), desserte T.G.V. et son prochain développement vers Turin et l’Italie, enfin aéroport international de Lyon – St Exupéry.

   1.1.3. Une économie dynamique et des capacités de croissance même en période de crise

Forte de ces atouts stratégiques, L’Isle d’Abeau a accueilli en une vingtaine d’années 350 entreprises et 14000 emplois. Des leaders internationaux y ont implanté des unités très importantes. Des PME régionales y ont trouvé des conditions favorables à leur développement. La localisation d’entreprises nouvelles y est devenue prépondérante par rapport au desserrement de Lyon. Des domaines variés émergent, notamment la logistique internationale ou à grand rayon, des activités à technologies de pointe en informatique, électronique, télécommunications, matériaux ...

Plusieurs exemples montrent que L’Isle d’Abeau et son attractivité spécifique ont permis l’implantation en région lyonnaise d’entreprises qui auraient choisi des sites concurrents.

Les retombées économiques concernent l’ensemble de la région métropolitaine lyonnaise au delà de l’Isère ou de la Ville Nouvelle et il serait utile d’en mieux évaluer l’importance, en acceptant de dépasser les découpages administratifs et fiscaux.

Cette réussite s’est même poursuivie dans les années 95 à 98, période plus difficile marquée par le ralentissement général de l’investissement immobilier, de l’arrivée d’entreprises et donc des ventes foncières de l’EPIDA. Plus de 600 emplois sont créés en moyenne à L’Isle d’Abeau chaque année, près d’un millier en 1995. Cela grâce notamment aux capacités du “ développement endogène ” du tissu industriel existant, ajoutées aux créations d’emplois exogènes plus aléatoires pendant la crise, en valorisant un stock foncier résiduel, cédé antérieurement aux entreprises par l’EPIDA. Ces données témoignent d’un dynamisme économique durable :

croissance régulière de l’emploi, du parc immobilier et de la base fiscale. Les bases de taxe professionnelle ont triplé depuis 1989 et croissent toujours de 6 à 10 % par an.

Par sa singularité en termes de rythme et de nature de création d’emplois, L’Isle d’Abeau est un site qui témoigne de l’évolution profonde mais plutôt positive de l’emploi industriel.

   1.1.4. Un foncier maîtrisé offrant d’importantes capacités d’accueil

Ce développement est le fait d’une politique d’anticipation volontaire en aménagement du territoire. Depuis le CIAT de 1968, l’Etat a pu constituer puis valoriser une importante réserve foncière : 3 000 des 4 500 hectares restent encore disponibles.

Ces larges espaces peuvent, conformément au SDAU, accueillir de grandes implantations industrielles et tertiaires, avec l’accompagnement des services indispensables. Ainsi le parc international d’activités de Chesnes peut s’étendre sur 450 hectares à la porte de l’aéroport de Lyon-Saint-Exupéry, à partir d’un foncier maîtrisé par l’Etat.

En matière d’habitat, les seules zones d’extension couvertes par des réserves foncières (plateaux sud) renvoient au débat sur les sites d’urbanisation prioritaires.

   1.1.5. Un paysage remarquable et valorisé

Imaginée sur les premières collines Est de Lyon, L’Isle d’Abeau s’est réalisée en tirant parti de son paysage, sans doute le plus beau de toutes les villes nouvelles. L’Isle d’Abeau allie collines verdoyantes et larges perspectives vers les Préalpes. Ce concept de “ ville nature ” est apprécié par 75 % des habitants. Il sera préservé par la mise en oeuvre d’un Plan de paysage dont l’objectif est de maîtrisér la croissance au sein d’un cadre paysager reconnu et mis en valeur.

   1.1.6. Une offre “ globale ” équilibrée des fonctions urbaines

La Ville Nouvelle, et l’ensemble constitué avec Bourgoin-Jallieu visent à constituer une offre globale associant cadre de travail, habitat et services. Plus d’un emploi par logement, le premier lycée 10 ans après l’école maternelle, les premiers éléments d’un pôle universitaire 10 ans après le lycée. L’équilibre habitat/emploi/services indique un bon degré d’autonomie malgré les nombreux échanges avec le Nord Isère, Lyon et sa région métropolitaine.

Aux nouveaux quartiers s’ajoutent les anciens bourgs, et surtout Bourgoin-Jallieu, ville ancienne attractive notamment par le niveau de ses commerces, services et fonctions administratives et la qualité de son centre traditionnel.

   1.2. DES FAIBLESSES TERRITORIALES À CORRIGER

   1.2.1. Une situation administrative morcelée, complexe et inadaptée

L’Isle d’Abeau appartient au département de l’Isère, bien que dans la mouvance économique de la région lyonnaise. Situé à l’extrémité Nord - Ouest de l’académie de Grenoble, son pôle universitaire est plus proche des universités de l’académie de Lyon. Pour la dynamique du pôle d’enseignement supérieur de L’Isle d’Abeau, cette frontière départementale, administrative, académique, (exactement entre l’aéroport de Satolas et L’Isle d’Abeau) est un frein à la coopération harmonieuse des deux académies qui devraient associer leurs intérêts communs.

Cette frontière a contribué historiquement au manque d’intérêt ou à la méfiance des responsables lyonnais, même si les premiers jalons de coopération ont été posés ces dernières années. Elle tend à faire percevoir la Ville Nouvelle comme un site “ concurrent ” de l’agglomération lyonnaise.

Le caractère relativement excentré du Nord-Isère par rapport à Grenoble n’a pas facilité au Département de l’Isère l’appréhension des enjeux liés à l’aménagement de ce secteur, même stratégique. Toutefois le Conseil Général, dans son avis formulé en 1997 (joint au dossier), reconnaît, par comparaison avec l’investissement réalisé, l’importance des créations d’emplois et des retombées fiscales et économiques. Il a marqué sa volonté de soutenir ce pôle.

Dans le département de l’Isère, la Ville Nouvelle appartient à l’arrondissement de La Tour du Pin mais relève de l’arrondissement de Vienne pour de nombreux services de l’Etat : Justice, Gendarmerie, Services du Ministère de l’Economie et des Finances (Recettes des finances, Centre des impôts fonciers, Conservatoire des hypothèques, etc...).

Cette situation a contribué à “ l’isolement ” des collectivités de base, du SAN, et n’a pas facilité le portage “ politique ” du projet de L’Isle d’Abeau.

   1.2.2. Un périmètre trop restreint, un lien insuffisant avec Bourgoin-Jallieu et les voisins

La ville Nouvelle est concernée au moins par 3 périmètres différents :

- Le SAN : 5 communes, 38 633 habitants en 1998

- La compétence initiale de l’EPIDA : 23 communes, 81 000 habitants (RGP 1990).

- Le SDAU initial de L’Isle d’Abeau, approuvé en 1978 : 33 communes, 92 000 habitants (RGP 1990).

On admet aujourd’hui que la Ville Nouvelle appartient à une agglomération urbaine de fait, bassin de vie quotidienne de ses habitants (migrations domicile/travail, fréquentation des commerces et services), plus large que le périmètre du SAN . Multipolaire, elle inclue Bourgoin-Jallieu (22 000 habitants), la Verpillière, Satolas et Bonce et d’autres communes du Nord-Isère. Même si son contenu reste à réviser, le SDAU de L’Isle d’Abeau témoigne d’une vision territoriale pertinente et met en évidence la nécessité d’une vision intercommunale “ élargie ”. Selon le périmètre pris en compte, la population se situe entre 70 000 et 100 000 habitants.

Les principaux enjeux d’aménagement se situeront à l’échelle de ce territoire sans organisation institutionnelle. Chacun est aujourd’hui conscient des atouts des autres : dynamique économique et niveau d’équipement de la Ville Nouvelle, centre historique et attractif à Bourgoin-Jallieu, de services et fonctions urbaines administratives, culturelles, hospitalières, sportives, etc. ... L’addition de ces atouts donnerait tout son sens à une approche globale et à l’élaboration de projets communs, même si la situation reste marquée par l’histoire mouvementée de rapports intercommunaux complexes et parfois conflictuels.

De ce point de vue, l’absence de coopération structurée entre la Ville Nouvelle et Bourgoin-Jallieu reste la principale faiblesse du secteur Nord Isérois.

La situation de la Ville Nouvelle en “ marge des frontières ” affaiblit les relations inter-collectivités, freine la prise de décision, reste porteuse de fragilité et d’incohérence et rend plus difficile l’investissement collectif et le portage du projet. Bien que la région Rhône Alpes et le département de l’Isère aient accompagnés financièrement le développement de l’Isle d’Abeau, aucun des multiples partenaires ne s’est assigné le rôle moteur dans la dynamique territoriale, en face de l’Etat tuteur-initiateur dont la fonction est d’une autre nature.

A certains égards il s’agit d’un territoire “ orphelin ”. L’Isle d’Abeau n’est pas réellement adossé à une grande collectivité (Communauté Urbaine ou Conseil Général), contrairement à la plupart des sites stratégiques de la métropole ou de la Région. Le partenariat opérationnel avec la Région n’est pas à l’échelle de l’enjeu que représente, au sein du réseau des villes de Rhône Alpes, la proximité de Satolas, entre autres...

   1.2.3. L’aire métropolitaine lyonnaise en panne de planification depuis le schéma OREAM

Bien que le schéma de l’OREAM de 1970, base fondatrice de L’Isle d’Abeau, mette en avant le concept, ultérieurement repris, de “ pôles de fixation ” de l’urbanisation séparés par de véritables coupures vertes, ces grands principes n’ont pas fait l’objet d’une application suffisante : notamment en ce qui concerne l’Est de la région urbaine de Lyon (RUL), la protection de la coupure verte au droit de l’aéroport, la maîtrise du “ mitage ” de zones d’habitat ou d’activités au voisinage des infrastructures routières.

A l’échelle de la région urbaine de Lyon, la cohérence de la planification a été mal assurée par 7 schémas directeurs (SDAU) différents, incohérents ou obsolètes (dont 3 dans l’Est lyonnais). Il n’y a pas eu de schéma d’ensemble comme en Ile de France où le Schéma Directeur de la Région inclut les Villes Nouvelles. De même, l’organisation des transports reste éclatée, à la différence des Villes Nouvelles de la Région Parisienne couvertes par le Syndicat des Transports Parisiens (STP).

Depuis le Schéma de l’OREAM, plusieurs documents de prospective et d’orientation (publiés mais sans portée prescriptive) posent des principes d’organisation urbaine d’ensemble et traitent de la place de l’Isle d’Abeau :

- le schéma régional d’aménagement et de développement durable du territoire (SRADDT 1993),

- le Schéma RUL 2010 (élaboré par l’association Région Urbaine de Lyon 1993),

- le Schéma de Cohérence de la logistique en Région Urbaine de Lyon (1997).

- les études préalables à l’élaboration d’une DTA viennent d’être lancées (CIADT de décembre 1997), pour une démarche de planification à long terme, concertée, sur des périmètres variables selon les thèmes abordés, visant la mise en cohérence des schémas directeurs concernés.

   1.2.4. Une ville encore peu lisible et insuffisamment structurée

Organisée en plusieurs pôles, séparés par un espace à caractère encore rural, L’Isle d’Abeau manque de lisibilité : le nom de la Ville Nouvelle correspondant à celui d’une commune, des difficultés de dénomination et d’adressage en résultent ; l’agglomération nouvelle n’est pas prise en compte comme une unité dans les statistiques de l’INSEE ; sans vision unique de son potentiel, la perception de l’ensemble et de sa synergie est considérablement affaiblie notamment pour les personnes extérieures.

L’image de la Ville Nouvelle est bonne du fait de la proximité de la nature et d’équipements très appréciés (voir encart sur l’image de l’Isle d’Abeau) mais la majorité des habitants appartiennent d’abord à leur commune, malgré les nombreuses pratiques intercommunales.

Avec des territoires d’autant plus “ distendus ” que la ville n’est pas achevée, l’organisation multipolaire qui assure la proximité de la campagne,paraît disperser les lieux de centralité. La centralité devra être renforcée pour réduire le déficit de fonctions de “ rayonnement ”.

   1.2.5. Un parc de logements à diversifier, des déséquilibres sociologiques à corriger

Constituée de nombreux quartiers de taille moyenne, comprenant près de 50 % d’habitat individuel, L’Isle d’Abeau offre des logements diversifiés dans leurs formes.Toutefois leur statut (environ 70 % des nouveaux logements construits sont à caractère social) ne correspond pas à l’évolution des emplois du site, ne permet pas une ville sociologiquement équilibrée, reste préjudiciable à l’image externe.

Ce patrimoine de logement social (8 000 environ) de grande qualité, se caractérise par la variété des formes urbaines (pas de tour ni de barre, programmes de taille limitée pour la plupart, 1/3 des PLA sont des logements individuels, ...) et la diversité du peuplement initial. Il présente, cependant, des signes de fragilité (précarité d’une partie des populations) et d’obsolescence pour une fraction du parc (collectifs du début des années 70).

La réhabilitation déjà engagée avec le concours de l’Etat, des collectivités territoriales et de l’EPIDA doit être vigoureusement poursuivie (elle concerne potentiellement ¼ du parc) avec des actions d’accompagnement social et une volonté de prévention (notamment en matière de peuplement et de requalification urbaine) préservant de dérives moins maîtrisables à terme.

La proportion de logements individuels dans le parc social et la qualité des réalisations qui donnent aux habitants l’envie de rester font, sans méconnaître les problèmes sociaux, envisager de mettre en vente une partie du parc social. Pour la Ville Nouvelle, ce peut être une chance de stabilisation.

Concernant la construction neuve, le rééquilibrage du parc de logements doit être résolument poursuivi, plus qu’une simple “ pause ” dans la construction de nouveaux PLA. L’orientation prioritaire, vers des produits au montage délicat (accession, locatif privé ...) sur un rythme de construction modéré par rapport aux années antérieures, nécessite un effort suivi de l’Etablissement Public d’Aménagement et le soutien permanent de l’Etat et des collectivités concernées.

Les études réalisées par la direction régionale de l’INSEE Rhône-Alpes mettent en évidence la qualification élevée des emplois : un grand nombre des entreprises implantées à l’Isle d’Abeau offrent une proportion importante de cadres et de professions intermédiaires, qui, de 1982 à 1990, augmente de 6 points dans le périmètre du SAN, comme dans le bassin d’emploi de Lyon. Progression qui se fait au détriment des indépendants (agriculteurs, artisans, commerçants) et des employés. Régressant de 5 points dans le bassin d’emploi, la proportion d’ouvriers reste stable, étant donnée la forte progression de l’emploi industriel dans le parc d’activités de Chesnes, Saint-Quentin-Fallavier.

On observe une distorsion du niveau de qualification entre emplois offerts et actifs résidant dans la Ville Nouvelle. Bien que, selon la catégorie socioprofessionnelle, la structure de population soit favorable à la Ville Nouvelle, elle paraît en deçà des emplois offerts et de leurs évolutions prévisibles. C’est un argument fort pour diversifier le parc de logements.

Bien que l’appareil de formation soit particulièrement développé et performant (1er prix au Concours Général 1998 en biochimie, au lycée Philibert Delorme à l’Isle d’Abeau), l’enseignement technique et le projet universitaire doivent être significativement développés pour contribuer à résoudre les décalages constatés et anticiper les modifications à venir.

   1.2.6. Une concurrence économique exacerbée

La croissance initiale de L’Isle d’Abeau a coïncidé avec des cycles économiques difficiles, chocs pétroliers notamment, mais jamais le contexte du développement, aggravé par la persistance de la crise immobilière, n’a été aussi délicat. A la différence des villes nouvelles de l’Ile de France, L’Isle d’Abeau ne bénéficie pas d’une discrimination positive au sein du territoire régional ou national :

Les politiques nationale ou européenne d’aide au développement sont orientées vers des reconversions majeures ou des régions moins favorisées que Rhône-Alpes. Les possibilités d’exonération temporaire de taxe professionnelle ont été supprimées.

Dans le cadre d’une concurrence exacerbée, les projets d’implantation font l’objet d’une surenchère aux aides à l’investissement ou aux prix fonciers. L’EPIDA, aménageur foncier et le SAN, collectivité à endettement et fiscalité élevés mais sans autofinancement, n’ont pas toujours à eux seuls une taille suffisante pour égaler les aides promises par les sites concurrents, européens, français ou rhônalpins.

En CONCLUSION, la Ville Nouvelle doit être resituée dans un contexte territorial plus large.

Elle présente, 25 ans après sa création, des atouts et potentialités très importants.

L’organisation de ce territoire présente des faiblesses à corriger pour éviter de graves dysfonctionnements, notamment la fragilité des outils institutionnels, SAN et EPIDA, dont les missions demeurent essentielles pour valoriser et poursuivre les efforts consentis :

Le SAN, déjà fortement endetté, confronté à un besoin d’investissement élevé, doit encore être soutenu financièrement avant que la montée en puissance de la base fiscale produise ses pleins effets. Les communes exposées aux charges de l’urbanisation connaissent des difficultés.

L’évolution quantitative et qualitative des activités de l’EPIDA impose d’adaptater son financement qui ne peut rester assis sur la seule vente de charges foncières.

La démarche “ L’Isle d’Abeau 2015 ” met en place les éléments d’un second souffle pour le territoire Nord Isérois, la moins achevée des villes nouvelles. C’est une chance à saisir par des partenaires ayant la capacité opérationnelle suffisante pour relever ces défis.

  2. PERSPECTIVES D’AVENIR DE LA VILLE NOUVELLE DE L’ISLE D’ABEAU

   2.1.Le contexte

En 25 ans la Ville Nouvelle de l’Isle d’Abeau a réalisé, sur le territoire des 5 communes du Syndicat d’Agglomération Nouvelle (SAN), ses bases fondatrices, armature déjà solide d’activités économiques et d’habitat, structurée par des équipements et des services.

La population du SAN : une croissance rapide et régulière

La population est également marquée par sa jeunesse : près d’un habitant sur trois fréquente les établissements scolaires de la maternelle à l’IUT.

L’Habitat dans le périmètre du SAN : 12.000 logements construits

Ce parc de logements est caractérisé par la forte proportion de logements individuels : 49% ; et par la qualité des logements sociaux réalisés : 71%.

L’Isle d’Abeau, fondée sur le concept “ ville nature ”, s’efforce d’offrir une réelle qualité de vie à ses habitants par une offre diversifiée de logements, une politique volontariste d’équipements et services de proximité dans les domaines de la formation, des activités sportives, de la santé et des activités sociales, de la culture, des transports et du commerce.

L’Activité dans le périmètre du SAN : un développement à caractère métropolitain.

Plus de 400 entreprises ont choisi de s’installer à l’Isle d’Abeau et plus de 16.000 emplois ont été créés. Cette croissance s’est poursuivie, au cours des dix dernières années au rythme de 750 emplois par an.

La Ville Nouvelle se caractérise par l’importance des activités de circulation - près de 30% des emplois du SAN et tient essentiellement à la fonction “ flux ” très présente à l’Isle d’Abeau (32%, télécommunications) et à Saint Quentin Fallavier (15%, transports).

On observe une double caractéristique à l’intérieur du Syndicat d’Agglomération Nouvelle (SAN) :

- une forte présence de la logistique (12% des emplois) due à l’importance de cette activité à Saint Quentin Fallavier ;

- une très forte présence des deux fonctions recherche et gestion (25% des emplois) qui distingue le SAN de son environnement immédiat et le situe au niveau du bassin d’emploi de Lyon.

La présence forte des activités de recherche développement s’illustre par des laboratoires et centres d’essais (Lafarge - ciment, béton, etc...-, Martinet -produits alimentaires-, Vicat - ciment, béton, etc...-, Valeo -démarreurs automobiles) ou des activités de contrôle (Olympus, Prodair -gaz industriels y compris gaz à usage médical-, Skye Pharma -produits pharmaceutiques).

   2.2. Pour une prise en compte élargie du territoire

Le tissu économique de la Ville Nouvelle offre une gamme de fonctions cohérentes par rapport au bassin d’emploi de Lyon auquel il appartient.

Les villes de Bourgoin-Jallieu et la Verpillière ont engagé la rénovation de leurs tissus industriels et urbains tandis que les communes voisines prenaient un caractère marqué de territoire résidentiel périurbain.

Aujourd’hui, le contexte institutionnel peut évoluer avec :

- l’indication formelle de la sortie du “ régime d’exception ” qui avait présidé jusqu’ici aux destinées de la ville nouvelle.

- la loi relative à la simplification et au renforcement de la coopération intercommunale, dite “ loi Chevènement ”, adoptée par le Parlement le 29 juin 1999.

- la mise en œuvre de La démarche “ L’Isle d’Abeau 2015 ” conduite de 1995 à 1998 et validée en comité interministériel d’aménagement du Territoire (CIAT du 26 novembre 1998). Lors du Comité de suivi du 11 février 1999, le Préfet de la région Rhône-Alpes et le Préfet de l’Isère ont invité les collectivités territoriales concernées à s’organiser pour la mise en œuvre des six grands domaines d’actions stratégiques identifiées :

1 - Définir une nouvelle stratégie de développement économique ;

2 - Réussir le pôle universitaire ;

3 - Développer les équipements et fonctions de rayonnement ;

4 - Faciliter les déplacements et mieux inscrire la nouvelle agglomération dans les grands systèmes de transports et d’infrastructures ;

5 - Promouvoir un développement équilibré de l’habitat ;

6 - Promouvoir un projet urbain ambitieux pour la “ nouvelle agglomération ”.

Dans cette perspective, le Préfet de l’Isère a installé, le 13 avril 1999, la “ Conférence des maires ” (soixante communes) avec le double objectif d’être un lieu de concertation entre l’Etat et les collectivités locales, et de préparer la révision du SDAU de l’Isle d’Abeau. La réalité de ce bassin de vie est attestée par le comportement des habitants et le fonctionnement des équipements publics et privés. 31 communes donnent suite à la proposition en adhérant au Syndicat Intercommunal d’Études Préalables à la constitution de l’agglomération Nord Iséroise[1].. (Voir carte en fin de document).

Par ailleurs une trentaine de communes se sont regroupées dans un syndicat d’études pour l’Aménagement Territorial de l’Isère du Nord (SATIN), créé le 28 octobre 1999, pour préparer le contrat d’agglomération, son volet contrat de ville et réfléchir à la future structure de coopération intercommunale.

L’agglomération Nord Iséroise dont les contours administratifs restent à définir, constituée de communes de tailles et de natures différentes regroupe, en 1999, environ 100 000 habitants.

Les 5 communes les plus importantes, chacune plus de 3 500 habitants, sont situées le long de l’axe Ouest - Est de la vallée, axe de circulation majeur : Saint Quentin-Fallavier, La Verpillière, Villefontaine, l’Isle d’Abeau, Bourgoin-Jallieu. Elles représentent environ 65 000 habitants en 1999 sur 7 300 hectares.

Le territoire de la ville nouvelle de l’Isle d’Abeau s’inscrit de plus en plus fortement et solidairement dans le territoire de “ l’agglomération du Nord Isère ”.

Elargir la stratégie d’agglomération : Conforter, Faire rayonner, Développer.

Il ne s’agit plus de faire croître et se développer une urbanisation “ de base ”, nécessité vitale dans les premières années d’existence du projet. Les bases sont posées. Les fondations sont déjà solides, ancrées en particulier sur le développement économique. La ville, ou plutôt ses pôles urbains, existent.

C’est une autre époque qui commence où il faut conforter l’agglomération, lui permettre de rayonner et de se développer durablement selon les perspectives "l’Isle d’Abeau 2015".

CONFORTER , c’est donner plus d’identité à l’agglomération constituée

Réaménager et développer les centralités existantes, par des actions sur l’espace public et sur les activités publiques (équipements) et privées, sur l’ensemble de l’agglomération aussi bien centres-villes (Villefontaine, l’Isle d’Abeau, La Verpillière, Bourgoin-Jallieu) que centres villages.

Poursuivre la requalification de certains quartiers d’habitat social, par la mise en œuvre du contrat de ville récemment élaboré.

Renforcer ou adapter les équipements et les services à la population

- écoles et collèges, équipements sportifs et sociaux de proximité,

- systèmes de transports urbains (IDABUS et TUB) à coordonner,

- dessertes ferrées à renforcer.

Terminer l’aménagement des grandes infrastructures de circulation qui irriguent l’agglomération notamment d’Est en Ouest : élargir la RN 6, créer des déviations, réaliser la liaison Chesnes-Satolas.

Rénover et compléter les réseaux structurants d’eau potable et d’assainissement en réalisant les connexions souhaitées entre Ville Nouvelle et collectivités voisines.

Entreprendre des actions fortes sur le paysage, pour une meilleure lisibilité et identité du territoire :

- traitement paysager de la RN 6 en "Allée du Domaine",

- protection, aménagement et valorisation de la vallée de la Bourbre (lit et rives),

- extension du parc forestier de la plaine industrielle de Chesnes Nord,

- renforcement des plantations dans les quartiers

FAIRE RAYONNER, il s’agit de dépasser l’échelle communale et choisir des projets qui développent l’attractivité de l’agglomération au-delà de son périmètre :

Développer la formation et l’enseignement supérieur, en développant les équipements :

- le pôle universitaire de l’Isle d’Abeau (déjà IUT, CTA, restaurant et résidences),

- les Grands Ateliers à Villefontaine dont la seconde tranche est à programmer ,

- un lycée professionnel dont le besoin est impérieux.

Préparer l’accueil d’équipements “ de rayonnement ”. Ont déjà été identifiés :

- Des thèmes correspondants à des besoins fortement exprimés ( culture, sports et loisirs, services aux entreprises )

- Des lieux d’accueil propices par leurs taille, situation, accessibilité, lisibilité. Ainsi ont été repérés d’ouest en Est : à Villefontaine le parc technologique, à l’Isle d’Abeau les sites Gare, les Sayes près du centre commercial régional, le grand espace de la plaine et l’entrée Ouest de Bourgoin-Jallieu.

Développer de façon coordonnée les pôles commerciaux spécialisés, notamment :

Les Sayes et la Maladière (cf. le protocole de développement entre le SAN et Bourgoin-Jallieu).

Développer les grands équipements de loisirs de plein air, volet "nature" du projet de territoire

- étendre le golf de l’Isle d’Abeau à 18 trous (voire 27),

- compléter le réseau des parcs, trame verte de la Ville Nouvelle, préparer un projet de grand parc de nature et d’eau, dans la plaine entre l’Isle d’Abeau et Bourgoin-Jallieu. Il pourrait recevoir un camping, des plans d’eau dédiés au sport, des circuits de promenade en milieu rural, etc..

DEVELOPPER DURABLEMENT l’agglomération, c’est diriger sa croissance en s’appuyant sur ses atouts et en corrigeant ses faiblesses

Valoriser des sites variés d’activités économiques :

- Chesnes Nord pour l’accueil d’entreprises nécessitant de très grandes surfaces et des capacités d’extension. Pour cela, il faut réaliser la liaison routière Chesnes-Satolas et prolonger les voies ferrées existantes.

- les zones d’activités spécialisées de la vallée : parc technologique, parcs d’affaires, la Maladière,

- des “ niches ”, sites particuliers, hors grandes zones, pour accueillir des implantations spécifiques

Aménager les grands itinéraires d’accès et de desserte :

- Réaliser les projets sur RN6, voie ferrée et liaison routière Chesnes-Satolas,

- Fixer les tracés des grandes infrastructures à venir (A48, TGV Lyon-Turin) pour "sécuriser" l’urbanisation à venir.

Poursuivre la diversification de l’habitat sur l’ensemble du territoire de l’agglomération

selon les Programmes Locaux de l’Habitat du SAN et de Bourgoin-Jallieu .

Faire évoluer simultanément les équipements et les services à la population :

- créer les classes maternelles et primaires nécessaires dans les quartiers neufs,

- envisager les réponses possibles à la croissance des effectifs de collégiens sur l’Est de l’agglomération (l’Isle d’Abeau et Bourgoin-Jallieu),

- suivre les besoins en équipements sportifs et sociaux.

Mettre en valeur sites et paysages dans un effort accru.

La réalisation de cette stratégie d’ensemble suppose l’élaboration d’un projet de territoire et la contractualisation des actions, d’abord dans la convention quadriennale de développement 2000-2003 pour la Ville Nouvelle de l’Isle d’Abeau puis dans le contrat d’agglomération pour la future agglomération nord-iséroise.

   2.3. Le projet de territoire

Le moment est venu d’engager les réflexions pour le projet de territoire qui redéfinir le cap. Le concept “ ville nature ” mis en oeuvre doit s’affiner car, original, il ne correspond pas à un modèle habituellement maîtrisé. Le projet de territoire doit :

- permettre aux collectivités locales et à l’Etat de faire un bilan commun des réalisations par rapport aux prévisions formalisées par le SDAU de 1978 (33 communes).

- redéfinir un programme réaliste d’actions à entreprendre pour poursuivre l’aménagement du territoire selon le concept d’origine qui répond aux aspirations de ses habitants, selon l’existant et les caractéristiques d’un développement durable.

- s’inscrire dans la perspective de la révision du schéma directeur d’aménagement et d’urbanisme (SDAU), procédure décentralisée, qui affichera clairement le passage de témoin de l’Etat aux collectivités locales en matière de planification ; cette procédure suppose que le futur syndicat d’études aie la responsabilité , en préfigurant la nouvelle communauté d’agglomération, de préparer la création du syndicat intercommunal d’étude et de programmation, maître d’ouvrage du nouveau SDAU.

S’il faut au moins quatre ans pour étudier et faire approuver la révision, il suffit de quelques mois pour établir les options fondamentales compte tenu des nombreuses études déjà réalisées et les décliner en projets de conventions pluriannuelles et en programme d’équipements pour la durée du XIIème Plan.

Les principaux thèmes à aborder sont Equipements, services et Centralité, Habitat et logements, activités économiques, déplacements, commerces, Environnement :

Équipements, services et centralités

La faible densité de la ville nouvelle ne permet pas de créer des centralités dépassant, dans les quartiers, le service de proximité. Il faut donc :

- conforter les centres existants (Villefontaine, la Verpillière, l’Isle d’Abeau) en complétant l’offre de services de proximité (commerces de détail, professions libérales, services publics de base) ;

- structurer un pôle de service pour l’ensemble de l’agglomération en considérant l’existence du centre traditionnel de Bourgoin-Jallieu ;

- développer les équipements auxquels peut prétendre une agglomération de 80 à 100 000 habitants

   2.3.1. Approches thématiques

Habitat, logements

Le recensement 1999 montre une constante d’environ 700 logements par an sur le périmètre du SDAU qui devrait se poursuivre et s’amplifier, prioritairement sur le territoire de l’agglomération.

L’objectif est de créer une offre de logements diversifiée dans ses statuts (locatif/accession), dans ses formes (individuel/collectifs), dans sa localisation et dans ses niveaux de prix, afin d’assurer la mixité urbaine et sociale de l’agglomération. Après l’arrêt de production de logements sociaux, il faut revenir à une programmation nuancée intégrant un peu de collectifs près des centres bourgs et poursuivre la réalisation de l’habitat non social dans les secteurs de PLA nombreux.

Deux outils paraissent nécessaires :

- un observatoire du logement permettant une compréhension fine des mécanismes de constitution, de réhabilitation et les conditions d’occupation du parc (action en cours) ;

- un Programme local de l’habitat (PLH) unique, permettant de planifier développement et recomposition du parc.

Activités économiques

Deux objectifs doivent être poursuivis :

- Diversifier et requalifier l’offre territoriale : Ceci suppose de cibler les créneaux d’activités pour assurer une prospection active des PME. Il faut aussi être clair sur l’expansion logistique qui se modère actuellement sur le secteur de Chesnes.

- Mieux répartir les activités sur l’ensemble de l’agglomération pour une plus grande mixité des fonctions urbaines, pour raccourcir les déplacements en rapprochant secteurs résidentiels et emplois et pour mieux répartir les ressources fiscales.

Déplacements

Contrepoint du concept “ ville nature ”, les transports collectifs doivent être organisés à l’échelle du bassin d’habitat, en limitant l’usage de la voiture particulière. Ils doivent aussi assurer une partie croissante des déplacements vers les métropoles voisines, Lyon et Grenoble, conformément au schéma d’origine (OREAM). Une politique globale de déplacements urbains s’impose à l’échelle de l’ensemble de l’agglomération, au-delà des périmètres de transports actuels (Bourgoin-Jallieu et SAN).

Il faut engager une réflexion complémentaire prenant en compte toute la gamme de transports des marchandises, depuis le développement du fret aérien, jusqu’à l’acheminement des achats des ménages.

Commerces

La concurrence entre commerce de détail et grande distribution est un problème récurrent des villes traditionnelles. Le projet de territoire doit proposer une organisation cohérente des commerces répondant non seulement aux besoins des habitants de l’agglomération mais aussi à sa vaste zone de chalandise.

Environnement

La géographie du territoire comporte des éléments majeurs comme la vallée de la Bourbre dont la préservation et l’usage doivent être garantis. Des choix techniques pour l’écoulement des eaux doivent être arrêtés sur l’ensemble du bassin versant, pour limiter les risques d’inondation et délimiter avec précision le développement de l’urbanisation.

Le plan de paysage fournit des éléments très intéressants pour structurer l’ensemble du site. Ces principes doivent être appliqués à tout projet d’aménagement.

   2.3.2. Premières hypothèses stratégiques

Au vu des orientations affichées dans l’Isle d’Abeau 2015, les décisions interministérielles de 1998, les lois Voynet, Chevènement et le projet de loi sur la Solidarité et le Renouvellement Urbain (SRU), quelques hypothèses ont déjà été exprimées :

1. Positionner l’agglomération Nord Isère dans le réseau des métropoles de la Région.

2. Conforter les avantages dûs à la proximité de l’aéroport de Lyon/Saint-Exupéry et au passage des grandes infrastructures routières et ferroviaires

3. Favoriser la mobilité des personnes et marchandises sur toute l’agglomération.

4. Forger une identité de l’agglomération en composant avec le patrimoine naturel et culturel :

- renforcer les valeurs géographiques du site : hydrologie, relief, diversité des paysages ;

- fixer des utilisations pérennes pour les espaces destinés à n’être pas bâtis : réserves naturelles, agriculture, sylviculture, grands espaces de loisirs ;

- constituer un réseau patrimonial reliant des lieux singuliers et des équipements structurants par des tracés historiques ou contemporains.

5. Assurer la complémentarité et préciser le rôle de centralité des espaces autour desquels s’est développée l’urbanisation : centres urbains, bourgs et villages, ville-territoire.

6. Eviter le risque d’une déchirure Est/Ouest et donner une épaisseur Nord/Sud à l’espace urbanisé.

7. Mieux répartir la géographie des activités économiques et veiller au maintien de la diversité typologique des entreprises.

8. Diversifier l’offre d’habitat. Améliorer la répartition spatiale des logements.

Démarches de planification liées au projet de territoire

A l’issue de ces travaux préparatoires, ce territoire doit nourrir des démarches de planification encadrées par différentes procédures :

Le Préfet de la région Rhône-Alpes a reçu instruction du gouvernement (CIAT de décembre 1997) pour engager les études préalables à La Directive Territoire d’Aménagement (DTA) de l’aire métropolitaine lyonnaise. La planification de l’aire métropolitaine lyonnaise est en panne depuis les années 1970. En effet, le schéma OREAM 1970, relayé par 7 schémas directeurs (SDAU) différents, n’a pas fait l’objet d’une application cohérente à l’échelle de la région urbaine de Lyon (RUL). Depuis ce schéma plusieurs documents d’orientation traitent (mais sans portée prescriptive) d’organisation urbaine d’ensemble et de la place de l’Isle d’Abeau :

- le Schéma RUL 2010 (élaboré par l’association Région Urbaine de Lyon 1993),

- le Schéma de Cohérence de la logistique en Région Urbaine de Lyon (1997).

Le Schéma Régional d’Aménagement et de Développement Durable du Territoire (SRADDT Rhône-Alpes 1993), où le territoire de l’agglomération Nord Isère a été choisi comme site expérimental en matière de transports, doit être révisé.

Un Schéma de Cohérence Territoriale doit être élaboré sur un territoire élargi à une centaine de communes, pour réviser le Schéma Directeur de l’Isle d’Abeau (SDAU).

La Convention quadriennale de développement 2000/2003 passée entre le Syndicat d’Agglomération Nouvelle de l’Isle d’Abeau, le Département de l’Isère, la Région Rhône-Alpes et l’Etat, doit être appliquée.

Le contrat d’agglomération nord-iséroise est en cours d’élaboration. Initié par l’EPIDA, ce processus d’abord informel associe les élus, les services de l’Etat et des collectivités locales. l’Etat le concluera avec l’entité intercommunale qui doit se constituer.

   2.3.3. Une trentaine de communes du Nord-Isère dans un Syndicat d’études

Dans la continuité du Comité Interministériel de novembre 1998, l’Etat encourageant les collectivités locales à constituer une structure intercommunale élargie, une trentaine de communes travaillant régulièrement ensemble depuis le printemps ont créé, le 28 0ctobre 1999, un “Syndicat d’études pour l’Aménagement Territorial de l’Isère du Nord (SATIN) ”[2] débordant la seule ville nouvelle de l’Isle d’Abeau

Les 5 communes plus peuplées se sont engagées dans une démarche de contrat de ville, premier pas vers un contrat d’agglomération.

Ce territoire du Nord Isère ne disposait pas de contrat de ville, bien que certains quartiers des communes les plus peuplées (Bourgoin-Jallieu, Villefontaine, l’Isle d’Abeau, St-Quentin-Fallavier, La Verpillière) fassent déjà l’objet de mesures spécifiques (zone de redynamisation urbaine, Zone d’Education Prioritaire (ZEP), réhabilitation de l’habitat).

Sans attendre la constitution de l’agglomération, ces cinq communes ont souhaité engager la réflexion et formuler leurs enjeux au regard de la politique de la ville. Un document d’orientations a été remis le 29 avril 1999 au Secrétaire d’état au Logement, Monsieur Louis BESSON, et au Président du Conseil Général de l’Isère. Les maires y affirment que “ pour les membres de l’agglomération Nord Iséroise un contrat de ville est une impérieuse nécessité ” et que “ le contrat de ville constitue le volet solidarité du contrat d’agglomération, lui-même déclinaison territoriale du contrat de plan ”.

   2.3.4. Début 2000, les bases du projet sont posées.

Au cours du second semestre 1999, un comité technique regroupant les services des collectivités locales, animé par l’EPIDA, la DDE de l’Isère et piloté par la Sous-préfecture de La Tour du Pin a commencé l’élaboration du futur contrat de ville. Les autres partenaires habituels de la politique de la ville ( Conseil Général, Conseil Régional, CAF, FAS, HLM, CDC) ont rejoint le groupe à l’automne 99 pour élaborer la convention-cadre.

Le contrat de ville comprendra ainsi :

une convention cadre pour définir les grands principes sur la période 2000-2006 – orientations générales, organisation du pilotage et de la maîtrise d’œuvre, engagements réciproques des signataires - Cette convention devait être signée au premier semestre 2000

des conventions d’application thématiques ou territoriales qui viendront compléter la convention cadre au cours de l’année 2000.

La convention cadre est prête, elle indique les sujets prioritaires à traiter sur l’ensemble de l’agglomération (Conventions thématiques) :

· Assurer à tous le droit à la sécurité et prévenir la délinquance,

· Coordonner et développer les actions éducatives en faveur de la jeunesse,

· Agir en faveur de l’insertion sociale et favoriser l’accès à l’emploi en lien avec l’activité économique, notamment dans les quartiers,

· Poursuivre les politiques de l’habitat et mieux coordonner les actions à l’échelle de l’agglomération

· Prévenir et lutter contre les exclusions, faciliter l’intégration, notamment des populations étrangères, et promouvoir la santé,

· Améliorer l’accès et la qualité des services rendus aux habitants pour l’ensemble de l’agglomération,

· Renforcer une action culturelle et sportive de proximité

Les sites sensibles prioritaires (nécessitant des conventions territoriales) :

· à Saint Quentin- Fallavier, le quartier des Moines en réhabilitation et le collège des Allinges associé au Réseau d’Éducation Prioritaire (REP) “ Portes du Dauphiné ”

· à la Verpillière, le quartier de Riante Plaine et la Zone d’Éducation Prioritaire (intégrée au REP ci-dessus) du collège Anne Franck et des écoles associées dans la commune,

· à Villefontaine, les quartiers centraux de la commune dont trois (Saint Bonnet centre, les Roches et Servenoble), sont classés en Zone de Redynamisation Urbaine ; le collège Aragon est classé dans le REP

· à l’Isle d’Abeau, les quartiers récents du plateau de Saint Hubert et de Pierre Louve où commencent à apparaître les phénomènes de fragilisation,

· à Bourgoin-Jallieu, les quartiers de Champfleuri, Champaret, La Grive et en centre ville, St Michel, le collège Champfleuri étant classé en REP.

  3. LA VILLE NOUVELLE DE L’ISLE D’ABEAU DANS LA REGION RHONE ALPES

   3.1. UNE SITUATION EXCEPTIONNELLE

A 15 minutes de l’aéroport international de LYON SATOLAS (dit encore Lyon – St Exupéry, à l’est de Lyon, près de 5 millions de passagers), à moins d’une heure de 7 des 8 chefs lieux de départements qui constituent la région Rhône-Alpes, sur l’axe Lyon-Grenoble/Chambéry – “ Voie Dauphine ” pour reprendre l’expression de Jean Carrière - la Ville Nouvelle de l’Isle d’Abeau s’inscrit au cœur du réseau international de communication de la région Rhône-Alpes. Les flux d’échanges qui ont fait la réussite de Lyon, se développent à l’heure européenne, plaçant la Région et L’Isle d’Abeau à la croisée fertile des échanges entre l’Europe du Nord et l’Europe du Sud.

Cette situation géographique confirme la pertinence du choix initial de localisation de la Ville Nouvelle qui est à la fois :

- rattachée à la dynamique de la région lyonnaise (bassin d’emploi de Lyon et aire métropolitaine),

- au centre de gravité de la Région Rhône Alpes, avec une ouverture sur les Alpes, la Suisse et l’Italie,

- à l’épicentre d’un des réseaux de communications multimodales les plus denses de France, autour de l’aéroport international de SATOLAS. La Ville Nouvelle est donc accessible par avion, train à grande vitesse (T.G.V.) dont la desserte se développera vers Turin et l’Italie, autoroutes : le réseau offrira prochainement deux axes distincts dans chaque direction (axe Nord - Sud dédoublé par la future autoroute A48 ; vers l’Ouest et Clermont-Ferrand, nouvelle autoroute avec la liaison Anse-Balbigny),

   3.2. LA RÉGION, UN ACTEUR CONTRACTUEL IMPORTANT

Depuis le milieu des années 80 et jusqu’en 1998, la Région Rhône-Alpes a signé avec l’Etat, le département de l’Isère et le syndicat d’agglomération nouvelle de l’Isle d’Abeau, des conventions triennales de développement.

Dans ce contexte, la Région a mis ses politiques en œuvre sur le territoire de la ville nouvelle, au service des objectifs poursuivis avec l’ensemble des partenaires.

Après transfert des compétences dans le cadre de la décentralisation, la Région a été maître d’ouvrage pour la construction du lycée Philibert Delorme à l’Isle d’Abeau ; elle a fortement investi au lycée Léonard de Vinci, à Villefontaine, pour les bâtiments de la section “ Audiovisuel ” ; elle a subventionné la construction ou l’aménagement de gymnases pour les lycéens de l’Isle d’Abeau ou Villefontaine. Utilisant les compétences de l’EPIDA dans les domaines de la programmation et de la conduite d’opérations, la Région confie de façon régulière et continue des opérations de mandat pour la modernisation de ses lycées. Une dizaine d’opérations sont actives (extensions, grosses réparations, mise en sécurité…) et génèrent environ 2 MF d’honoraires par an pour l’EPIDA.

Dans le cadre du plan Université 2000 et du XIème plan, la Région a pris la maîtrise d’ouvrage et contribué de façon significative au financement du premier bâtiment de l’IUT et du Centre Technologique d’Applications (CTA / IRUFORTECH) dont les travaux vont commencer en Novembre 2000.

La Région a subventionné des opérations d’aménagement urbain : centre village à Saint Quentin Fallavier, réhabilitation à Villefontaine dans le cadre de la politique de la ville.

La Région a, dans le cadre du Xème plan, contribué à l’amélioration des transports :

- ferrés vers la métropole lyonnaise : mise à disposition de matériels, augmentation des fréquences en début et en fin de journée.

- routiers : aménagement de la RN 6 dans la traversée de la ville nouvelle, aménagement de sécurité par la réalisation de carrefours giratoires.

   3.3. L’ISLE D’ABEAU 2015, UNE GRANDE AMBITION POUR UNE NOUVELLE AGGLOMÉRATION.

La région Rhône-Alpes a participé à la démarche “ L’Isle d’Abeau 2015 ” conduite de fin 1995 à fin 1998 et validée en réunion interministérielle du 26 novembre 1998 (cf. Présentation de la Ville Nouvelle. 1.2 Pour une prise en compte élargie du territoire).

Lors du Comité de suivi du 11 février 1999, le Préfet de la région Rhône-Alpes et le Préfet de l’Isère ont invité les collectivités territoriales à s’organiser pour la mise en œuvre des six grands domaines d’actions stratégiques identifiées :

1 - Définir une nouvelle stratégie de développement économique ;

2 - Réussir le pôle universitaire ;

3 - Développer les équipements et fonctions de rayonnement ;

4 - Faciliter les déplacements et mieux inscrire la nouvelle agglomération dans les grands systèmes de transports et d’infrastructures ;

5 - Promouvoir un développement équilibré de l’habitat ;

6 - Promouvoir un projet urbain ambitieux pour la “ nouvelle agglomération ”.

Dans cette perspective, le Préfet de l’Isère a installé, le 13 avril 1999, la “ Conférence des maires ” (soixante communes) avec le double objectif d’être un lieu de concertation entre l’Etat et les collectivités locales, et de préparer la révision du SDAU de l’Isle d’Abeau.

Par ailleurs une trentaine de communes se sont regroupées dans un syndicat d’études pour l’Aménagement Territorial de l’Isère du Nord (SATIN), créé le 28 octobre 1999, pour :

- préparer le “ contrat d’agglomération ” et son volet social et solidarité “ contrat de ville ”

- conduire les réflexions préalables à la mise en place de la future structure de coopération intercommunale, vraisemblablement future communauté d’agglomération.

   3.4. VERS UN PARTENARIAT RENOUVELÉ AVEC LA RÉGION RHÔNE-ALPES

Pour la période 2000 / 2006 au cours de laquelle les villes nouvelles doivent sortir du régime d’exception, il conviendra de veiller particulièrement à la prise en compte explicite et à la bonne exécution :

- du “ schéma régional d’aménagement et de développement durable du territoire régional Rhône-Alpes 2000 - 2020 ”.(SRADDT, voté en 1992) : avec Satolas comme “ espace à enjeux ” caractérisé par une excellente accessibilité, une grande disponibilité de l’offre foncière, un haut niveau d’exigence dans l’organisation et l’aménagement de l’espace, la Ville Nouvelle y est inscrite comme site d’appui au développement, capable d’accueillir “ des ambitions industrielles, technologiques, économiques, à même de fédérer les énergies locales dans une même direction ” et se présente comme une chance pour la région tout entière.

- du contrat de plan signé le 17 mars 2000 et de ses 2 volets :

- le volet territorial, “ contrat d’agglomération ” qui reste à élaborer et auquel il faut donner un contenu fort et ambitieux

- le volet solidarité, “ contrat de ville ” dont la convention cadre est, depuis le 4 avril 2000, prête à être soumise à délibération des assemblées dont la Région ;

- du contrat global de développement Isère Porte des Alpes.

- de la DTA de l’aire urbaine de Lyon

Les relations qu’il convient de renforcer avec la région Rhône-Alpes doivent surtout viser à :

1- Mieux former les hommes tout au long de la vie

2- Faciliter les déplacements

3- Améliorer le cadre de vie des habitants

   3.4.1. Mieux former les hommes

Compléter l’appareil de formation initiale par la création d’un lycée professionnel.

Réussir le pôle universitaire :

· Faire évoluer l’IUT vers un IUT de plein exercice ;

· Construire et développer le CTA / IRUFORTECH ;

· Créer une plate forme technologique ;

· Construire, mettre en service, et développer les Grands Ateliers ;

· Améliorer les conditions de vie étudiante : création d’un centre documentaire couplé à la bibliothèque municipale ; faciliter l’accès aux équipements sportifs, culturels, au logement, et aux transports en commun ;

· Favoriser le recours aux nouvelles technologies de l’information.

   3.4.2. Faciliter les déplacements

De manière générale, mieux inscrire le territoire du Nord Isère dans les grands systèmes d’infrastructures :

- liaison Chesnes Satolas

- RN 6 : mise à 2x2 voies et aménagement urbain dans la traversée de la ville nouvelle

- Autoroute A 48 et ligne à grande vitesse Lyon – Turin : intégration paysagère et environnementale

Particulièrement pour le réseau ferré :

- Développer les services TER ;

- Aménager les gares en centres d’échanges ;

- Supprimer les passages à niveau ;

- Promouvoir les modes de transport “ propres ” ;

- Financer pour partie l’extension ferroviaire pour la plate forme logistique Chesnes Nord ;

   3.4.3. Améliorer le cadre de vie des habitants.

La ville nouvelle, candidate pour être lieu de forum, puis site test, dans l’élaboration du schéma régional d’aménagement et de développement du territoire.la région Rhône-Alpes, pourrait accueillir un grand service de la Région (direction du patrimoine, par exemple). La Région pourrait s’impliquer directement dans la réalisation d’un équipement de niveau régional et devrait intégrer le SAN dans le réseau des villes moyennes pour favoriser l’émergence de l’agglomération du Nord Isère.

Par ailleurs, il s’agit de :

- Conforter la Politique de la ville ;

- Aménager la vallée de la Bourbre et du Catelan : gestion de la ressource en eau ; gestion du paysage, des espaces agricoles et de loisirs…

- Contribuer à la programmation et à la réalisation d’équipement culturel (salle des fêtes de Villefontaine) et sportifs (stade de Bourgoin Jallieu ; piscine de l’Isle d’Abeau).

[1] Le Syndicat d’Etudes compte, à sa création, 31 communes et environ 97 000 habitants. Il s’est donné pour objet la mise en œuvre et la réalisation des études préalables qui permettront de :

- Préciser les enjeux d’aménagement et de développement spécifiques du territoire à partir de diagnostics thématiques (déplacements/transports, fiscalité, …)

- Dégager les orientations et les objectifs communs d’une nouvelle agglomération sur un périmètre qu’il conviendra de préciser notamment dans la perspective d’une révision du SDAU

- Conduire les études techniques nécessaires pour la candidature et l’élaboration du volet territorial du prochain contrat de plan (contrat de ville, contrat d’agglomération,…)

- Proposer les statuts d’une structure institutionnelle intercommunale de réalisation et de gestion de l’agglomération nord iséroise

- 

[2] Le Syndicat d’Etudes “ SATIN ” comptait, à sa création, 31 communes et 97 000 habitants. Il s’est donné pour objet de :

- Préciser les enjeux d’aménagement et de développement spécifiques du territoire à partir de diagnostics thématiques ( déplacements/transports, fiscalité, …)

- Dégager les orientations et les objectifs communs d’une nouvelle agglomération, dans la perspective d’une révision du SDAU

- Conduire les études techniques nécessaires pour la candidature et l’élaboration du volet territorial du contrat de plan ( contrat de ville, contrat d’agglomération,…)

- Proposer les statuts d’une structure institutionnelle intercommunale de réalisation et de gestion de l’agglomération nord iséroise