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Villes nouvelles françaises 2001-2005

Etang de Berre - Contributions

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publié le 3 août 2012

  CONTRIBUTIONS D’EXPERTS PRÉSENTANT LA VILLE NOUVELLE DES RIVES DE L’ETANG DE BERRE

Document préparé par l’Etablissement public d’aménagement de la ville nouvelle de l’Etang de Berre (EPAREB) avec Hubert Peigné (DDE 13 et DRE PACA) (hiver 1999)

  1. Points forts

   1.1. L’implantation d’une “ Ville nouvelle ”

   1.1.1. La logique de création

Le développement urbain des rives de l’étang de Berre résulte d’une double approche :

1- L’Etat envisage au cours du VIème Plan la restructuration de la sidérurgie française et cautionne l’orientation économique qui implique :

la fermeture des usines de Lorraine

l’ouverture de nouvelles unités en bord de mer.

Choisir en 1965 d’implanter la nouvelle unité sur le site de Fos, dans un vaste secteur d’espaces naturels et agricoles, faiblement urbanisé, nécessitait de créer les équipements et les infrastructures indispensables pour aménager la zone industrialo-portuaire (concession de maîtrise d’ouvrage au Port Autonome de Marseille), la rendre accessible, en créer les dessertes mais aussi y accueillir les populations et les services nécessaires.

2- A l’échelle de l’Aire Métropolitaine Marseillaise, le schéma AMM, entériné par le CIAT de décembre 1969, positionne comme stratégique la cuvette Est de l’étang de Berre.

Elle devait accueillir des activités soit nouvelles, soit provenant du desserrement de Marseille, avec pour atouts :

- la confluence des axes Fos-Marseille et Marseille-Aix, la présence de l’aéroport.

   1.1.2. La constitution politique

Si les villes nouvelles de la région parisienne se sont construites autour d’un centre créé ex nihilo, le parti d’aménagement retenu pour les rives de l’étang de Berre prônait un développement “ à partir des noyaux urbains existants ”.

Le schéma directeur de l’Aire Métropolitaine Marseillaise, approuvé par le CIAT en 1969, proposait un chapelet de villes moyennes séparées par des coupures vertes préservées. Ceci a été réalisé à l’Ouest de l’étang de Berre.

Seulement 3 des 12 communes pressenties, voire bénéficiaires de crédits spécifiques Ville Nouvelle au début des années 1970 (de Port St Louis à Vitrolles) se sont constituées en Syndicat Communautaire d’Aménagement de Ville Nouvelle, sur la rive Ouest de l’étang. Sur la rive Est, Vitrolles demeure l’unique commune à s’être déterminée pour le statut de Ville Nouvelle.

L’EPAREB, Etablissement Public créé en 1973, intervient finalement sur quatre communes bénéficiaires du statut Ville Nouvelle :

· Les trois communes du Syndicat d’Agglomération Nouvelle du Nord Ouest de l’étang de Berre (SAN) : ISTRES, MIRAMAS et FOS sur MER.

· Une commune associée : VITROLLES à l’Est de l’étang de Berre.

   1.2. Deux entités territoriales à décrire

   1.2.1. Les “villes nouvelles” du SAN

(Fos-Istres-Miramas)

FOS-SUR-MER

La ville de Fos est située en bordure du golfe de Fos, la localité tire son nom des fosses mariennes, port de l’Antiquité Romaine.

La superficie communale est de 9.300 hectares.

La zone industrialo-portuaire (ZIP) de Fos (7350 hectares – 9.000 emplois), représente une potentialité nationale à travers l’implantation d’industries lourdes qui se gère sur le long terme. L’implantation emblématique du site SOLLAC depuis 1972, compte aujourd’hui 3.800 emplois.

Le développement urbain s’appuie, à l’Est de la ville, sur la coupure verte des étangs qui fait plus de 3000 hectares.

Fos a su garder une attractivité vis-à-vis du loisir estival ; son port de plaisance et sa plage sont des lieux très fréquentés en période estivale.

FOS-SUR-MER Année 1968 Année 1999
Population 2870 13922
Emplois 1550 13317 (données 1990)

Activités

Zone industrialo-portuaire

Le port de fos

Raffinerie esso

La sollac, ex solmer

Ascometal

Lafarge

Lyondell ex arco chimie

*la zone d’activite de lavalduc

Urbanisations

*le mazet

*la tuilerie

*les portes de la mer

*la maronede

Equipements

*groupe scolaire des carabins

*groupe scolaire du Mazet

*centre d’accueil de la petite enfance

*centre aere du Mazet

*hotel de ville

*centre culturel Marcel Pagnol

*salles de cinema

*centre de secours

* hotel de police

Halle des sports du Mazet

Salle des fetes

Infrastructures

* bassin de retention de la Valduc

circuit d’essai BMW constituent au total 1400 emplois. Ces zones d’activités se développent en bordure de la Crau le long de l’autoroute.

Son développement urbain s’appuie à la fois sur le centre très animé de la vieille ville et le centre du quartier des Salles où de nombreux équipements scolaires, sportifs, administratifs et culturels sont présents.

ISTRES

La ville d’Istres siège de la Sous préfecture depuis 1982 est située sur la rive Ouest de l’étang de berre, en bordure de l’étang de l’olivier.

La superficie de la commune est de 11.375 hectares.

ISTRES Année 1968 Année 1998
Population 13404 40002
Emplois 4657 11072 (données 1990)

Activités

centre d’essai en vol (CEV), la base militaire aérienne et l’aérodrome militaire

SNECMA, Dassault-Breguet

*zone industrielle du Tubé

*zone industrielle des Cognets

*zone industrielle du Négron : centre d’essai BMW

Urbanisations

A la fois les quartiers nouveaux et l’ancienne ville.

*quartier de trigance

*quartier des salles

*quartier de la romaniquette

*quartier des craux

*quartier des 4 vents

*espaces verts etang de l’olivier

* le ranquet

centre ancien, les arnavaux, les baumes

Equipements

*groupe scolaire des baumes

*groupe scolaire de la romaniquette

*lycee des salles

*ecole maternelle jules ferry

*ecole maternelle du prepaou

*halte garderie-creche des salles

* centre social du prepaou

*salle des fetes

*ecole de danse

*sous-prefecture

*hotel de police

*parc urbain des salles

* parc urbain de la romaniquette

* complexe sportif b. bardin

theatre de l’olivier

salles de cinema

centre de formation professionnelle pour adultes

cafe musique

Infrastructures

*station d’épuration de Rassuen

MIRAMAS

La ville de Miramas est située au Nord-Ouest de l’étang de Berre, en bordure de la Crau.

La superficie de la commune est de 2.575 hectares.

La ville est coupée en deux par la voie ferrée Paris Marseille et les urbanisations nouvelles se sont développées à la fois au Nord et au Sud. Un pôle d’équipements (lycée, théâtre, bibliothèque) a été créé au Nord en articulation avec les quartiers existants et la nouvelle urbanisation du quartier de St-Suspi.

MIRAMAS Année 1968 Année 1999
Population 10544 22526
Emplois 2970 5085 (données 1990)

Activités : La ville conserve une activité importante liée à l’implantation de la grande gare de triage du Sud-Est.

D’autres activités existent (COGEMA., zones artisanales), mais sans assurer le plein emploi, d’où l’importance de l’implantation de la plate-forme européenne logistique multimodale CLESUD Grans/Miramas sur une superficie de 280 hectares. Ce projet devrait générer 3000 emplois en 10 ans.

Gare de triage S.N.C.F.

* plate-forme logistique européenne

Zone industrielle des Molières

Cogema (nucléaire)

Urbanisations

* banlieue 89 (logement, commerce, quartier de la gare)

*quartier la Carraire

*quartier St Suspi

*quartier pont de botine

*secteur de Combe

quartier la rousse

quartier les Molières

Equipements

*groupe scolaire (quartiers la rousse, molières)

*groupe scolaire (quartiers la rousse mail 2 et mail 3)

*lycee théatre

*bibliothèque (quartier larousse 2)

*mediathèque

*halte garderie

*centre de santé

*centre de formation permanente

*centre technique municipal

*plaine de sports et de jeux (plaine du couvent)

*centre aere chateau de cabasse

*theatre de la colonne

*golf 18 trous

Infrastructures

* station d’épuration/emissaire de rejet Miramas/St Chamas

   1.2.2. La commune associée à la ville nouvelle : Vitrolles

VITROLLES

La ville de Vitrolles est située à l’Est de l’étang de Berre. Sa superficie est de 3.665 hectares.

La présence de l’aéroport Marseille/Provence, de l’autoroute A7 de la RN 113 de la RD9, de la voie ferrée PARIS LYONS MARSEILLE et de la gare TGV de l’Arbois constituent un atout économique important pour la localisation d’entreprises.

Le développement urbain n’a pas été facilité par les coupures représentées par ces nombreuses infrastructures. Un schéma général urbain établi en 1983 a préconisé un boulevard urbain, actuellement réalisé, reliant les différents quartiers et permettant des liaisons entre quartiers d’habitats et zones d’activités :

- EUROCOPTER ( implantée pour partie sur Vitrolles et Marignane).

- La zone d’activités des Estroublans aménagée avant la création de la ville nouvelle (1962) à vocation commercede gros, agro-alimentaire, distribution, s’étend sur 300 hectares et compte aujourd’hui 7.400 emplois.

- La zone commerciale au Liourat a été restructurée autour du centre commercial CARREFOUR implanté en 1968 et comptant aujourd’hui 844 emplois. Avec plus de 60.000 m2 de surface commerciale ce quartier a vu la construction de près de 800 logements.

- Les zones d’activités du Griffon et de la Bastide Blanche, pôle tertiaire vitrollais par excellence.

- La zone de l’Anjoly compte 2140 emplois, avec sa plate-forme logistique dont l’aménagement a été conduit selon deux priorités : un traitement paysagé de qualité et un environnement préservé.

La prise en compte de l’environnement, s’est plus particulièrement traduit à Vitrolles par la gestion des eaux pluviales. Les bassins d’orage définissent des zones inondables par priorité mais sont en dehors des périodes d’inondations des parcs urbains, des lieux de sports, (parc de loisirs du griffon de 25 hectares par exemple).

VITROLLES Année 1968 Année 1999
Population 5050 36784
Emplois 2600 20000 environ

Activités

Zones industrielles des Estroublancs, des Cadesteaux, de Couperigne

*zone de l’Anjoly

*zone de bureaux du griffon (loto national …)

*zone de la bastide blanche

*zone du Liourat

Urbanisations

Vieux village

*au nord zone nouvelle des cadenieres

Quartier des pins

*quartier du liourat

*quartier du griffon

*le parc du griffon

*quartier des pinchinades

*quartier de croze

*quartier de la frescoule

*quartier de la tuiliere

Equipements

* colleges (c. Claudel – s. De beauvoir)

*lycee j. Monet

*halte garderie frescoule

*creche du moulin

*centre aere du griffon

*equipements sportifs (exemple salle m. Piot)

*bibliotheque

* ecole primaire quartiers croze et pinchinades)

*centre culturel de fontblanche

*parc de loisir du griffon (25 hectares)

* lac de la tuiliere

Infrastructures

*voie laterales deviation rn 113

*boulevard urbain

*bassins de retention

   1.3. Des modalités de développement différenciées entre les communes du SAN et Vitrolles.

Les enjeux financiers et les politiques locales ont déterminé le positionnement des communes face au statut Ville Nouvelle. Les effets de Fos à l’Ouest de l’étang de Berre et la métropolisation de l’axe Marseille-Aix ont largement dépassé les communes à statut “ ville nouvelle ”. Il convient donc de replacer les communes de la Ville Nouvelle de l’étang de Berre au sein de l’évolution de ces territoires afin de saisir, aussi, les retombées spécifiques liées à la “ politique “ Ville Nouvelle.

   1.3.1. L’Est de l’étang de Berre.

Ce territoire qui comptait 54.000 habitants en 68 et 122.000 en 1990 (+127%), se compose de deux parties distinctes reliées par un couloir de communication dense : A7, RN 113 et voie ferrée.

Au Nord, la commune de Berre avec les usines SHELL et les communes de Rognac, La Fare, Velaux et Coudoux plus résidentielle et/ou à vocation agricole intéressante (viticulture, cultures sous serres).

Au Sud, deux communes qui concentraient 71 % des 53.000 emplois du territoire en 1990, Marignane et Vitrolles et trois communes résidentielles, Gignac, St Victoret et Chateauneuf les Martigues.

  • Principaux enjeux

Dans le domaine économique

On note principalement l’importance des pôles d’emplois : Aéroport de Marignane (5.000 emplois), EUROCOPTER (plus de 5.000 emplois), 7 zones d’activités à Vitrolles.

- EUROCOPTER, premier employeur du département dans la branche industrielle, est soumis aux fluctuations des commandes de l’armée, mais reste le pivot d’un pôle d’excellence aéronautique.

- La pétrochimie à Berre dont l’évolution est fluctuante ; la raffinerie SHELL à Berre a également baissé ses capacités de raffinage pour s’orienter vers la plasturgie.

- Les zones d’activités datant des années 60 et 70 nécessitent des actions d’envergure pour leur restituer une attractivité compétitive face aux nouveaux sites mis sur le marché ou en projets et assurer le renouvellement des entreprises. Le vieillissement de la vaste zone (300 ha et 7.400 emplois) des Estroublans à Vitrolles en est un bon exemple.

- Le principal projet actuel de développement concerne l’aéroport : réorientation des lignes en complémentarité avec Nice, liaison avec la future gare TGV de l’Arbois, doublement des pistes, extension sud ouest par l’organisation d’une zone de services aux aéronefs.

A moyen terme, l’évolution de l’axe PLM nécessitera la création d’un pôle d’échanges sur ce secteur.

- Les activités logistiques sont très présentes sur ce territoire mais demeurent diffuses sur plusieurs sites :

Marignane, les Estroublans et surtout l’Anjoly à Vitrolles, ZI Nord et les Cadesteaux à Rognac.

Restent à trouver les éléments susceptibles de les mettre en synergie entre elles et avec celles d’autres pôles à Marseille, Aix et à l’Ouest de l’étang, de manière à structurer et à rendre plus lisible l’offre logistique de l’AMM.

C’est ainsi que pourraient être définis “ deux couloirs logistiques ” un depuis le Nord de Marseille vers Salon et un depuis la ZIP de Fos vers Arles, Salon et le couloir Rhodanien.

Dans le domaine des transports et des déplacements

Ce territoire est situé au carrefour des axes Nord Sud et Est-Ouest (en particulier avec Aix). La préservation des capacités d’écoulement des trafics passe par une organisation des déplacements routiers mais également par la création d’un réseau de TC interurbain qui fait fortement défaut en regard notamment de l’importance des migrations alternantes entre Marseille et l’Est de l’Etang de Berre.

Dans le domaine de l’habitat

La très forte croissance de ce territoire s’est accompagnée d’une spécialisation résidentielle des communes qui se déploie à l’échelle de l’AMM.

Vitrolles, qui a connu une véritable explosion démographique (+ 621 % de 68 à 90) a accueilli une proportion importante de logements sociaux (locatif et accession). Le reste se répartit essentiellement sur Berre et Marignane.

Le développement de l’habitat individuel, en grande partie aidé par l’Etat, caractérise des communes autrefois rurales : Gignac, Velaux, Coudoux, la Fare…

Dans le domaine de l’environnement

Le développement durable de ce territoire suppose une gestion solidaire des usages et une lutte contre la dégradation des espaces et l’amélioration de sa qualité de vie.

Si la lutte contre la pollution de l’air (pétrochimie et circulation routière) et les risques d’inondation (Cadière sud, Arc Touloubre) réunit l’ensemble des communes, il n’en va pas de même avec les questions afférentes aux étangs et aux nuisances de bruit de l’aéroport.

   1.3.2. L’Ouest de l’étang de Berre

Le territoire Ouest étang de berre accueillait 90.400 habitants en 68 et 160.000 habitants en 90 (+ 77 %). Son tissu urbain apparaît multipolaire :

Au Sud un ensemble de 72.400 habitants en 1990 regroupant Martigues, Chateauneuf les Martigues et Port de Bouc. La densité moyenne atteint 632 ha/km2, soit plus du double de la moyenne départementale.

Au Nord les communes de Miramas et de St Chamas avec 27.000 habitants

Au Centre, les communes d’Istres (40.000 Habitants) et de St Mitre.

A l’Ouest deux communes situées de part et d’autre du golfe de Fos : Fos sur Mer et Port St Louis (20.200 habitants au total)

  • Principaux enjeux

Dans le domaine économique

L’Ouest de l’étang de Berre est le seul territoire du département avec Marseille à avoir connu un recul de l’emploi depuis 82 :

· Même si la perte, en solde brut, se révèle faible (- 1,5 % soit –900 emplois) elle est plutôt liée à une évolution des formes de production (gains de productivité).

· Sur les 50.000 emplois offerts en 90, 30 % étaient encore industriels. Mais ce secteur qui a perdu plus de 5.000 emplois depuis 75, a entraîné un recul constant du secteur BTP.

Le développement du secteur tertiaire n’a pu compenser en totalité les pertes en emploi industriel et BTP.

On constate un déplacement du potentiel économique vers l’Est et le Nord du territoire : le premier pôle fournisseur d’emplois n’est plus Fos mais Martigues. A Istres la croissance de l’emploi tertiaire s’avère très forte (+ 87 % de 75 à 90) et cette commune, en 90 constituait le troisième pôle d’emplois du territoire.

Dans le domaine des transports et des déplacements

Ce territoire est relié par voie routière :

- à Marseille par l’autoroute A55 qui draine le trafic vers Fos.

- à Arles et au-delà au Languedoc – Roussillon et l’Espagne par une route à deux voies, la RN 568.

- à Salon et au-delà, la vallée du Rhône, par la RN 569.

Le projet de liaison directe entre Fos et Salon par l’autoroute A56 qui rejoindra l’A7 devrait être inscrit au prochain Contrat de Plan.

Les investissements prioritaires se feront sur le réseau ferré et le transport de marchandises selon les axes :

Fos – Port St Louis à la vallée du Rhône,

Fos à la future plate-forme multimodale de Grans Miramas, dont les travaux de la 1ère tranche ont démarré début Avril 1999.

Dans le domaine de l’habitat

Le parc logement a doublé entre 68 et 90. Cette croissance qui a touché toutes les communes jusqu’à la fin des années 70 s’est maintenue au-delà sur les communes du SAN.

Le logement social (20.000 logements en 90) représente 31 % du parc total. Les communes du SAN ont conservé un rythme soutenu en matière de construction sociale.

A Miramas, une opération de requalification du centre-ville a été conduite par le SAN. Les interventions inscrites au contrat de Ville portent sur les quartiers Nord réalisés entre 68 et 74 et sur le quartier de la Carraire au Sud.

  2. La ville nouvelle des rives de l’Etang de Berre dans sa région

La ville nouvelle se développe dans un espace économique puissant, et une offre diversifiée :

- Une concentration d’activités caractérisées par : des pôles de compétences à l’échelle internationale avec la sidérurgie (SOLLAC), l’aéronautique (DASSAULT, EUROCOPTER, le Centre d’Essai en Vol), la pétrochimie avec SHELL, TOTAL, ESSO, NAPHTACHIMIE, BP, ATOCHEM, LYONDELL.

- Un espace logistique à l’échelle européenne.

- Plus de 20 sites d’activités situés de part et d’autre de l’étang de Berre, représentent 280 hectares à l’Est et 190 hectares à l’Ouest. Ces sites directement reliés aux grandes infrastructures routières : A7, A56,… et ferrées, sont en contact avec des grands espaces logistiques comme la zone industrialo-portuaire de Fos et la plate-forme aérienne de Marseille Provence.

Les enjeux environnementaux de l’Etang de Berre doivent être envisagés.

   2.1.Depuis toujours, un espace commun : l’Etang de Berre

L’étang de Berre a été depuis la plus haute antiquité, un site d’accueiL. L’homme, par son habitat et les activités qu’il a développées, y a fait émerger un certain nombre de vocations.

Entre le moyen âge et le début du XIXème siècle, ce sont des implantations urbaines et rurales, souvent en retrait de la côte, sur des pitons, avec des petits ports refuges comme celui de Martigues. Ces ports, comme ceux de Berre ou de St Chamas abritaient des pêcheurs.

Au milieu du XIXème Siècle, naît l’idée de faire de l’étang un espace économique complémentaire du port de Marseille.

Le secrétaire de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Marseille écrivait alors "... l’Etang de Berre est une mer à double fin et, pour ainsi dire, providentielle. En temps de guerre, elle ouvre un refuge, en temps de paix, elle met à nos portes un immense bassin industriel qui sera la succursale de notre port ..."

Si au XIXème siècle c’est l’industrie du sel et de la soude qui marque l’espace, C’est à partir de 1930 que l’étang et ses rives vont prendre le visage qu’ils ont aujourd’hui. Ainsi, s’implantent sur ses rives Sud et Est les raffineries SHELL et CFR TOTAL, ou des installations aéronautiques : base hydro-aérienne ou aéronavale de Berre, aéroport international de Marseille-Provence.

Toutefois, la transformation la plus radicale du plan d’eau, fut consécutive à la mise en service en 1966 du canal EDF de Cadarache à St Chamas, déversant dans l’étang, de façon irrégulière, plus de 200 m3/sec d’eau douce. Les modifications directes sur le milieu : taux de salinité, limons ont eu des effets indirects importants sur la pêche, les exploitations des salines, les loisirs et surtout sur l’écosystème.

Donc un étang, ou plutôt une mer intérieure, qui en l’espace d’un siècle a vu de profondes mutations de son milieu et de ses rives.

   2.2.Les enjeux environnementaux de l’étang de Berre et leur devenir

L’Etang de Berre possède un plan d’eau de 15.500 hectares et 77 km de rivages. Quelques 220.000 habitants vivent actuellement dans les dix communes riveraines de l’Etang de Berre et son bassin versant naturel compte plus de 600.000 habitants.

Le visiteur qui arrive par le train ou l’avion, ou qui longe par l’autoroute les rives Sud et Est de l’Etang perçoit d’abord le caractère industriel qui donne à l’Etang sa connotation négative. En fait , si le Sud-Est est fortement marqué par l’industrie, les paysages sont contrastés. L’Ouest et le Nord gardent un caractère naturel très affirmé et peu connu

Ce milieu complexe avec sa dynamique propre, son interface terrestre, un espace profondément transformé, a porté de nombreuses vocations successives qui cohabitent avec difficultés, pour ne citer que :

- la pêche et l’industrie, la pêche et les rejets d’eau douce,

- la baignade et la qualité des eaux,

- les loisirs et les activités industrielles.

A première vue, des usages d’autant plus conflictuels que se concentrent autour de cet espace plus d’habitants et plus d’activités.

Sommes-nous pour autant condamnés à compartimenter cette mer intérieure avec des zones d’eau douce, d’eau salée, des zones neutralisées par les usines, d’autres en protection intégrale de la nature ? Nous ne le pensons pas.

Il serait dommage que ce vaste espace naturel et ses rives soient affectés d’un "zoning" rigide empêchant d’en apprécier la complexité et la richesse.

Cette complexité, qui ferait cohabiter harmonieusement des vocations à priori opposées, n’existera qu’avec une meilleure connaissance et une meilleure appropriation de l’étang par les populations riveraines :

- Ainsi, tout autour de l’étang, pourraient être implantés des lieux de mémoires, de connaissances et d’éclairage de l’avenir, explicitant et mettant en valeur :

le sel et la soude, la pêche, l’histoire de l’hydravion, la poudre et la chasse, l’avifaune des milieux humides, le pétrole et la pétrochimie.

- Et pourquoi pas des circuits par bateaux entre ces lieux ? L’Etang de Berre serait un espace non que l’on contourne, mais que l’on traverse. L’on comprendrait la richesse de ses paysages et de ses activités à travers… une raffinerie, les espaces boisés de l’Ouest, les zones semi-humides de Berre ou de St Chamas….

- Et pourquoi pas des lignes de transport en commun maritimes, cela au moment où l’on se pose la question du “ tout automobile ” ?

De telles actions ne sont pas utopiques :

· Des hangars ayant abrité des hydravions, existent à Vitrolles ou Marignane ; ils ont été requalifiés à Berre en lieux de loisirs.

· Les anciens bâtiments d’une poudrerie royale existent au milieu de 140 hectares arborés sur les communes de Miramas et St Chamas….

Le problème de la cohabitation des vocations sur l’Etang de Berre est un problème de culture, de compréhension mutuelle et de prise de conscience.

Des signes précurseurs laissent augurer d’un avenir moins incertain :

· le rétablissement du droit de pêche,

· le début de prise de conscience d’EDF,

· la création d’un syndicat intercommunal de sauvetage de l’Etang de Berre (SISEB),

· le lancement par Monsieur Michel BARNIER, ministre de l’environnement en 1993, d’un plan de reconquête de l’étang de berre et le projet de création d’un GIP pour coordonner les actions de requalification de l’étang.

   2.3.L’avenir

La ville nouvelle se développe en concertation avec des pouvoirs locaux bien implantés, qui ont adopté une intercommunalité “ tempérée ”. Les objectifs essentiels étant :

· L’aménagement urbain, à partir d’une politique de greffes urbaines visant à ressouder les centres anciens aux quartiers sociaux périphériques, construits avant l’intervention de l’établissement public.

· La mise à niveau des urbanisations existantes, en matière d’équipements sociaux, scolaires, sportifs, culturels et en développant une offre de loisir et de plein air(création de parc, plan d’eau, golf …).

· Le développement économique à travers la création de zones d’activités et de bureaux et de développement de filières spécifiques (logistique).

· La requalification des espaces publics des habitats sociaux pré-existants ainsi que la valorisation des centres anciens (Istres, Miramas, Fos).

· La prise en compte du développement du territoire à une autre échelle (requalification de l’étang de Berre et de ses rives, développement de filières, recherche de structure intercommunale nouvelle …).